LE CAPITAL ECONOMIQUE ET CULTUREL ET LA DEMANDE D’ÉDUCATION DANS LES MENAGES A KINSHASA
Par
Samuel Blaise MBUYAMBA MULUMBA
Samuel Blaise MBUYAMBA MULUMBA Chef de travaux, Faculté des Sciences Économiques et de Gestion Université de Kinshasa

L'éducation occupe une place primordiale dans le développement individuel et sociétal, jouant un rôle fondamental dans la formation des esprits, la transmission des connaissances et la construction de compétences nécessaires à la vie quotidienne.

Elle agit comme un catalyseur, permettant aux individus d'explorer leur plein potentiel et de contribuer de manière significative à la société (Sippel et al., 2011).

L'éducation est universellement reconnue comme un pilier essentiel du développement social, économique et politique d'une nation.

Elle est perçue comme un facteur clé favorisant la compréhension approfondie de la réalité socio-économique et contribuant au bien-être individuel et collectif.

Les investissements dans l'éducation, démontrés par le succès économique de certaines nations, sont considérés comme déterminants pour la croissance et l'innovation.

Une population éduquée est un moteur de développement économique, social et culturel.

Elle favorise l'innovation, la productivité et la stabilité sociale. Les sociétés qui investissent dans

l'éducation témoignent généralement d'une amélioration de la qualité de vie, d'une réduction de la pauvreté et d'une plus grande égalité des chances (Lloyd & Blanc, 1996).

Cependant, malgré le rôle clé l’éducation tant sur le plan individuel et sociétal, il s’observe en République Démocratique du Congo et particulièrement à Kinshasa que tous les enfants à l’âge scolaire ne fréquentent pas l’école et ce, malgré l’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire depuis l’année 2019.

Les données du MICS-EAGLE (2021) renseignent que plus de 44 % des enfants de 13 ans continuent à fréquenter l'école primaire, alors que l'âge officiel pour passer de l'école primaire au secondaire est de 12 ans.

Le taux d'achèvement est de 63 % à l'école primaire, 53 % au premier cycle de l'école secondaire et 32 % au second cycle de l'enseignement secondaire, avec un taux de décrochage scolaire de 8,2 % à l’école primaire. 

Ces chiffres démontrent de manière évidente que la mise en œuvre de la gratuité de l'enseignement primaire, bien qu'elle ait permis à de nombreux enfants d’avoir accès à l’école et de poursuivre leurs études en éliminant les frais de scolarité, ne résout pas l'ensemble des problèmes liés à la non-scolarisation des enfants et au décrochage scolaire.

Ainsi, l’objectif de cet article est de mesurer l’impact du capital économique et culturel sur le risque de la non scolarisation des enfants à Kinshasa.

Pour y arriver nous articulons cette recherche autour de quatre points

Le premier porte sur le cadre théorique de la non scolarisation des enfants.

Le deuxième présente la démarche méthodologique.

Le troisième est consacré à la présentation et à l’interprétation des résultats de nos analyses. Le quatrième et dernier synthétise et conclut cette étude.

I. CADRE THÉORIQUE DE LA NON SCOLARISATION DES ENFANTS

Les caractéristiques du ménage notamment sa taille, le niveau d’instruction des parents, le niveau de vie du ménage, la profession des parents ont un impact significatif sur la demande d’éducation des enfants dans les ménages (Sui-Chu & Willms, 1996 ; Milne, Myers et Rosenthal, 1986).

Ainsi, les enfants issus des ménages aisés et dont les parents ont un niveau d’instruction élevé auraient plus de chance d’être scolarisés que ceux issus de ménages pauvres et des parents moins instruits (Becker et Tomes, 1986).

1.1. Influence du capital économique du ménage et sur la scolarisation des enfants.

Le capital économique sous-entend les ressources financières dont dispose un ménage d’une part à investir dans l’éducation de leurs enfants et d’autres part, le coût d’opportunité à investir dans l’éducation de leurs enfants au lieu qu’ils participent aux activités domestiques et/ou économiques.

Définit comme tel, Kuepie & Misangumukini (2012) affirment que le capital économique exerce une influence significative sur la scolarisation et la performance scolaire des enfants au sein du ménage.

 

 

 

 

 

 

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