INTRODUCTION
Pour garantir l’indépendance des membres des juridictions constitutionnelles et les protéger ainsi contre les pressions, caprices et humeurs des pouvoirs politiques, principalement du pouvoir exécutif, il leur a été assuré un mandat stable, c’est-à-dire insusceptible d’interruption. Cette garantie n’avait pas vocation à leur assurer une impunité, mais plutôt une protection contre les aléas de la vie politique caractérisée bien souvent par l’instabilité et l’adversité.
Aussi, parvenu à ce niveau de responsabilités, on ne pouvait s’imaginer qu’un membre d’une Cour constitutionnelle (CC) ou d’une Cour suprême se donnât allégrement à des pratiques honteuses et dégradantes de son prestige, pratiques susceptibles de nuire non seulement à son image mais aussi à celle de l’institution dont il est membre. Cette présomption d’intégrité ou d’incor-ruptibilité place le membre d’une CC au-dessus de tout soupçon et plaide, par conséquent, pour sa quasi irrévocabilité lorsqu’il occupe ses fonctions de juge constitutionnel.
Cette conception théocratique du rôle ou de l’image du juge, quoiqu’ayant longtemps contribué à la stabilité des juridictions constitutionnelles et suprêmes, est actuellement remise en question. En effet, la fonction du juge et son activité sont, de nos jours, soumises aux exigences de transparence et de redevabilité, au même titre que les autres acteurs publics qui prétendent de remplir leur mission au nom et pour l’intérêt du peuple.
L’avènement d’une justice constitutionnelle en République Démocratique duCongo (RDC) a suscité un tel espoir que la confiance placée aux personnes désignées pour l’animer ou la rendre a été presque totale. Outre les professeurs d’université, les autres candidats ont été piochés dans la magistrature ou dans le barreau et ce, en tenant compte d’une vingtaine, voire d’une trentaine d’années d’expérience accumulée dans la pratique du droit.
On ne pouvait, dès lors, se douter un seul instant des qualités intellectuelles et ou morales de ces hauts magistrats qu’on a d’ailleurs l’habitude d’appeler les « neuf sages »
de la Cour constitutionnelle
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