L’entrepreneuriat féminin occupe une place non négligeable dans les programmes de développement économique et social d’un pays.
En République Démocratique du Congo (R.D.C), la Banque mondiale (2016) estime à 38,92 % la proportion des firmes appartenant en partie à des femmes et à 13, 68 % de ces firmes sont gérées par des femmes.
En dépit de l’importance économique de l’entrepreneuriat féminin, laBanque Mondiale (2016) révèle que les femmes congolaises font face à plus d’obstacles sur le marché des affaires comparativement à leurs homologues masculins. A ce sujet, les statistiques montrent que 60 % des hommes sont des chefs d’entreprises dans le secteur formel comparativement aux femmes (40 %) (Banque Mondiale, 2016 ; Ekomene, 2019).
Outre les obstacles juridiques et sociétaux, on peut citer aussi l’absence de financement des activités des femmes entrepreneures.
Seulement 3,6 % d’entreprises dirigées par les femmes ont pu contracter un prêt bancaire en 2016 contre 10,2 % d’entreprises dirigées par les hommes. Dans cette même liste des obstacles, on peut évoquer aussi : la mentalité conservatrice qui veut que la femme reste à la maison pour s’occuper de la famille, le manque des compétences entrepreneuriales des femmes, la faible maîtrise de la gestion d’entreprise et des questions financières ainsi que le manque d’accès aux réseaux professionnels (Banque Mondiale, 2016).
D’ailleurs, l’ancien Code de la famille (article 448) obligeait toute femme mariée d’obtenir l’autorisation maritale avant de signer un contrat de travail ou de démarrer une affaire (Code de la famille de la RDC, article 448).
Cette situation n’est pas propre à la RDC, les femmes, à travers le monde, sont relativement peu nombreuses à s’engager dans les activités de création de petites et moyennes entreprises et cela en dépit des actions de mouvements de défense de droits des femmes et de leur forte représentativité au niveau de la population active. En Afrique subsaharienne francophone, les femmes sont dans une situation plus vulnérable.
En effet, 86 % d’entre elles occupent un emploi précaire car elles sont plus nombreuses à arriver sur le marché du travail sans formation et entrent dans la vie active à un âge plus précoce que les hommes (Organisation Internationale de la Francophonie, OIF, 2016).
Cependant, étant plus entreprenantes, ces femmes développent des activités génératrices de revenus (AGR) via les micros entreprises ou en qualités de travailleuses indépendantes du secteur informel, opérant essentiellement dans des activités à faible valeur ajoutée (Dzaka-Kikouta & Mabenge, 2018).
Dans ce contexte, les chances de succès pour les femmes entrepreneures restent moindres à cause d’une part des différences dans la réglementation des affaires entre les entrepreneurs masculins et féminins et d’autre part de la mauvaise considération sociale du rôle de la femme au sein de la société congolaise.
Dans ce même ordre d’idées, certaines recherches ont conclu que l’autonomisation des femmes est fondamentale pour la réduction de la pauvreté et demeure une condition préalable au développement économique d’une nation.
À cet effet, l’entrepreneuriat féminin reste le point d’entrée clé pour améliorer l’autonomisation économique des femmes à travers l’Afrique francophone et dans le monde (Commission Économique pour l’Afrique, CEA, 2017, Dzaka-Kikouta & Mabenge 2018).
Il existe, par ailleurs, des études réalisées dans différents pays africains qui ont essayé de conceptualiser ces facteurs au contexte africain.
A titre illustratif, l’étude de Hassine (2016) conclut que l’entrepreneuriat féminin en Tunisie a été influencé par les facteurs socioculturels (l'optimisme de l'entourage, les croyances traditionnelles, l'équilibre entre la famille et le travail) à une hauteur de 85,3 %. Dans cette même optique, les résultats de la recherche de Himrane et Hassani (2017) ont conclu que le niveau d’activité entrepreneuriale féminine en Algérie est fort. de fort niveau est attribué aux facteurs économiques, réglementaires et socioculturels qui influent sur la démarche entrepreneuriale et ces femmes semblent être plus motivées par des facteurs personnels (recherche de l'épanouissement personnel, de l'autonomie et de l'indépendance).
De leur part, Paturel et Arasti (2006) ont constaté que les facteurs psychologiques, socioculturels, économiques, politiques ainsi que les réseaux entrepreneuriaux influencent la création de l’entreprise chez les femmes entrepreneures.
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