Selon l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire, environ 60 % des principaux services écosystémiques sont dégradés et utilisés de manière non durable.
Prenant conscience de la dégradation de la biodiversité, en 1990, les Etats ont ratifié la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) qui à son article8, point j, stipule que « Sous réserve des dispositions de sa législation nationale, respecte, préserve et maintient les connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales qui incarnent des modes de vie traditionnels présentant un intérêt pour la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique et en favorise l'application sur une plus grande échelle, avec l'accord et la participation des dépositaires de ces connaissances, innovations et pratiques et encourage le partage équitable des avantages découlant de l'utilisation de ces connaissances, innovations et pratiques». Ainsi, les savoirs locaux sont consacrés désormais comme importants dans la conservation de la biodiversité.
Dans la chefferie de Kabare, au regard des contraintes de la vie, le choc culturel entre la modernité et le traditionnel, la population locale ne recourt plus souvent à son patrimoine culturel et traditionnel lorsqu’elle utilise les services écosystémiques, d’une part, et d’autre part, la chefferie n’ayant pas intégré ces savoirs endogènes dans la stratégie locale de conservation de la nature et dans le plan local de développement.
Ainsi, la non prise en compte de ces savoirs dans la planification du devenir de cette communauté, et ce, malgré leur efficacité dans les efforts de conservation de la nature et dans d’autres secteurs de la vie, les vulnérabilise et, par conséquent, risque de disparaitre.
Au regard de cette situation dans lachefferie de Kabare et de la nécessité d’orientation du présent travail, deux questions sont posées, à savoir : quelles sont les causes de l’érosion de la biodiversité ? et quels sont les pratiques et les savoirs endogènes qui impactent sur la conservation de la nature ? Cette étude veut répertorier les savoirs locaux, les pratiques traditionnelles et coutumières ayant un impact sur la conservation de la nature dans la chefferie de Kabare.
I. MATERIELS ET TECHNIQUES DE RECHERCHE
1.1. Milieu d’étude
La Chefferie de Kabare est l’une de deux chefferies qui constituent le territoire ayant le même nom située dans la province du Sud-Kivu, partie orientale de la RD. Congo. Elle est limitée au Nord par le territoire de Kalehe (rivière Nyabarongo), au Sud et à l’Ouest par le territoire de Walungu (rivière Kazinzi), au Sud-Est (rivière Lubimbe), à l’Est par la ville de Bukavu, le lac Kivu (Nord-Est) et la rivière Ruzizi. Elle est située entre 2°30’ latitude Sud et 28°30’ longitude Est avec une altitude variant entre 1460 et 3000 mètres au sommet des montagnes. La température varie entre 15 et 28°C avec un climat très doux.
Il est établi que la chefferie de Kabare se localise sur un grand fossé d’effondrement et son fond est habillé par le lac Kivu situé à 1640 mètres d’altitude.
A l’Est, d’importantes collines (montagnes) sont le long du Lac Kivu et constituent sa bordure occidentale.
Entre ces montagnes, on retrouve des vallées et marrais, terres très favorables sur lesquels se pratique l’agriculture maraichère et vivrière.
La chefferie jouit d’un climat montagneux aux températures douces. La température moyenne annuelle est de 20° et reçoit des fortes quantités d’eau de pluie en moyenne de 1608,2mm/an et a deux saisons, à savoir celle des pluies de septembre à mai (9 mois) et cette sèche de juin à août soit trois mois.
Les sols de Kabare, en général, se caractérisent, entre autres, par des couches épaisses de litières dont la décomposition est lente.
La riche terre du Nord de Kabare est constituée de l’humus des forêts du parc national de Kahuzi Biega (PNKB), de la vieille lave volcanique.
Ces sols sont, également, favorables à plusieurs cultures des zones tempérées, grâce au climat d’altitude. Plusieurs endroits sont érodés à la suite des fortes pentes ainsi que des pratiques agricoles rudimentaires qui font apercevoir la roche mère.
Trop riches en éléments minéraux, ces sols sont alluvionnaires étant donné qu’ils sont constitués des lessives des versants.
Dans la partie Centre et Sud, le sol est dominé par les argiles meubles rouges et jaunes.
La chefferie de Kabare dispose d’une richesse hydrographique.
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